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Nicolas Ivanovitch Pirogov (1810-1881)
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Repères chronologiques
Il naît à Moscou en 1810, fils d'un petit fonctionnaire. A 14 ans, trichant sur son âge, il entre à la faculté de médecine de Moscou. Il en sort lékar à 17 ans. "Quel triste médecin je faisais avec mon diplôme qui me donnait droit de vie ou de mort, sans avoir jamais aperçu une fièvre typhoïde, sans avoir eu en main une lancette". Il est sélectionné pour poursuivre ses études de chirurgie à l'université de Dorpat. Il y passe cinq ans, s'y passionne pour l'anatomie topographique, effectue des travaux de ligatures d'artères sur des chiens et des chats. Il publie en 1832 une thèse remarquée sur la ligature de l'aorte abdominale. Il part ensuite se perfectionner dans les universités allemandes qui le déçoivent. En 1836, il est nommé professeur à l'université de Dorpat. Il publie des travaux de grande valeur sur l'ostéoplastie et la rhinoplastie, sa réputation s'étend rapidement. Ces succès ne le satisfont pas, en 1838 il entreprend un voyage d'étude à Paris. Il y rencontre le grand chirurgien Velpeau qui lui demande "s'il connaît le célèbre chirurgien russe, monsieur Pirogoff ?" Mais là encore Pirogov, déçu par les célébrités parisiennes, n'apprend pas grand chose. Pirogov obtient en 1841 la chaire de chirurgie à la fameuse Académie Médico-Chirurgicale de Saint-Pétersbourg. Il rêve d'y élever le niveau d'éducation médicale au reste de l'Europe. Nous avons déjà vu la description effrayante que Pirogov fait de la clinique de l'Académie Médico-Chirurgicale. "Vie et âme de l'Académie", Pirogov y passe ses années les plus actives. Il est consulté en 1842 pour la réforme des épreuves de médecine. Il publie et fait connaître sa célèbre technique d'amputation très conservatrice du pied (par section transastragalienne et transcalcanéenne), opération qui porte encore son nom. Le 16 janvier 1847 il effectue quelques semaines après Liston à Londres une des premières anesthésies à l'éther en Europe. Il est le premier à utiliser cette technique en médecine de guerre pendant le siège de Salty au Caucase en août 1847. Il publie des travaux remarquables sur les blessures par armes à feu. Pendant l'épidémie de choléra de 1848 il autopsie plus de 800 cadavres et publie des observations intéressantes. Il manque d'ailleurs de succomber au mal (98). Il tire ingénieusement parti du grand froid russe en faisant congeler des cadavres qu'il découpe ensuite. Il peut ainsi publier un monumental atlas topographique (1851-1854) en décrivant des rapports anatomiques inédits, non altérés par les manipulations et la dissection habituelles (189-98). Pendant la guerre de Crimée (1854-1855), il aune influence prépondérante dans la création des premiers corps d'infirmières russes. Bon administrateur, c'est lui qui leur assigne des tâches précises. Pirogov dirige les médecins militaires et opère lui-même jour et nuit les blessés qui affluent par centaines. Il entrevoit plusieurs fois l'avènement de la chirurgie aseptique ; le premier il sépare sur le champ de bataille les plaies propres des plaies infectées. "Il est le chaînon intermédiaire entre la chirurgie septique des guerres napoléoniennes et la chirurgie antisepto-aseptique de Van Bergman". S'il n'inventa pas l'immobilisation plâtrée (Mathijen, 1852), il en est le premier grand utilisateur en plâtrant d'abondance au siège de Sébastopol. Il contribue à la fondation du prototype de la Croix-Rouge russe en 1867. Mais sa célébrité attise les jalousies de ses confrères. Il mécontente également le pouvoir par ses prises de position en faveur des réformes. Las des intrigues, Pirogov démissionne de l'Académie Médico-Chirurgicale en 1856. Il occupe alors quelques postes universitaires tout en voyageant beaucoup à l'étranger. Il passe la plus grande partie de ses 15 dernières années dans sa propriété de Vichna où il soigne bien volontiers les paysans des environs tout en s'acquittant de missions internationales pour la Croix-Rouge. Dans ses Mémoires d'un vieux médecin éclatent son humanisme et sa modestie. Atteint d'un cancer à la bouche, il meurt en 1881. Médecin de génie aux facettes multiples, Pirogov marque ses contemporains par ses qualités humaines autant que ses compétences. Sa déontologie qu'il s'appliquait d'abord à lui-même, sa probité en font un exemple que des générations de médecins russes tenteront de suivre. Cette biographie a été réalisée grâce à une thése d'état de doctorat de médecine sur la médecine russe. Pour en savoir plus. |