Particularités concernant les ordres de chevaleries
En 1917, la Russie compte huit ordres de chevalerie. Les ordres de création purement russe (de Saint-André, de Sainte-Catherine, de Saint-Alexandre Nevski, de Saint-Georges, de Saint Valdimir), les ordres d'origine étrangère (ordre holstinois de Sainte-Anne, les ordres polonais de l'Aigle Blanc et de Saint-Stanislas, sans oublier la période russe de l'ordre souverain de Malte (sous le règne de Paul Ier), font du système des ordres russes un canevas compliqué. Aussi, vous trouverez ici des particularités sur ces ordres concernant :
Insignes "avec diamants" ou "brillants" - 1797
Insignes avec "rosette" et inscription sur les branches - 1816
Insignes décernés avec "couronne impériale" - 1828
Insignes décernés à un non-chrétien - 1844
Insignes "avec glaives" pour actions militaires - 1855
Insignes "avec émail noir" - 1860 - 1880
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Jusqu'à Paul Ier, les insignes des ordres pouvaient être enrichis de pierreries sans qu'aucune règle ne fut jamais posée. Le 5 avril 1797, le jour de son couronnement, Paul Ier signe un décret spécial qui est le premier document officiel qui confirme les statuts des différents ordres autorisés et qui interdit de décerner un ordre avec diamants. Seul l'empereur peut décider de récompenser un récipiendaire en lui décernant une variété d'insignes avec diamants afin de montrer une attribution encore plus méritante. Ces ornements (portés sur les différents insignes d'un ordre) étaient destinés à accentuer une sorte de classe supérieure dans les ordres suivants :
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La rosette (terme français le plus approchant du mot russe signifiant "nud de ruban", synonyme également de "bouffette") se présente sous la forme d'une portion de ruban passant par l'anneau de suspension. Les deux moitiés de cette rosette se déploient comme deux ailes de papillons se terminant en doubles pointes au dessus de l'insigne.
Cette rosette apparait à partir de 1816 (et jusqu'en 1855) sur l'insigne de Saint-Georges de 4e classe lorsqu'il était attribué :
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A partir de 1828, cette rosette figure sur les rubans des croix de Sainte-Anne 3e classe et de Saint-Vladimir de 4e classe lorsqu'elles étaient attribuées pour "fait de guerre". Cette mesure est annulée en 1855, avec l'apparition d'attribution d'ordres "avec glaives" à l'exeption de la 3e classe de l'ordre de Sainte-Anne décernée à titre militaire. Toutefois de 1858 à 1917, la rosette réapparaît sur les insignes "avec glaives" (Sainte-Anne 3e classe, Saint-Vladimir 4e classe, Saint-Stanislas 3e classe) attribués aux officiers pour les distinguer des insignes "avec glaives" reçus par des fonctionnaires ayant participé à des actions de guerre. Afin de permettre de différencier une croix obtenue "pour fait de guerre" par un civil et par un militaire. La rosette figure à partir de 1845 à 1917, sur l'insigne de Saint-Vladimir de 4e classe attribué :
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Cet additif de "couronne impériale" était placé au dessus de la croix ou de la plaque, entre 1828 et 1874, pour les ordres de :
Cette "couronne impériale" instituait de fait une classe de rang "supérieure" par rapport à la classe de base à laquelle elle était rajouté. Une croix de Saint-Stanislas de 2e classe "avec couronne" est plus prestigieuse qu'une simples croix de 2e classe. Cette couronne pouvait être ajoutée postérieurement à l'attribution de la décoration de base. On pouvait ainsi obtenir d'abord une classe donnée, puis ensuite se voir attribuer la même classe avec "couronne impériale". |
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A partir du 9 août 1844, lorsqu'un ordre (ainsi que certaines croix et médailles) est remis à un non-chrétien, les monogrammes et portraits de tous les saints, ainsi que les représentations de croix, figurant tant sur les décorations que sur les plaques des différentes classes, sont remplacés par une aigle impériale éployée émaillée noire, emblème d'État de l'Empire russe.
A noter, que cette mesure n'est pas appllicable à l'ordre de l'Aigle blanc. Aussi cet ordre est-il souvent attribuer à des hauts personnages non-chrétiens. |
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A partir du 5 août 1855, lorsqu'un ordre est décerné à titre militaire pour "faits d'armes", tant à des civils qu'à des militaires, des épées croisées en sautoir pointes en haut sont positionnées :
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Ces épées se trouvent également sur la plaque des ordres, en passant sous le médaillon central.
Les "glaives" pouvaient être ajoutés après coup - quand justifiés - à une décoration déjà attibuée à titre civil donc sans glaives. |
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De 1855 à 1870, concernant les ordres à plusieurs classes (Sainte-Anne, Saint-Vladimir, Saint Stanislas), lorsqu'une personne obtenait une promotion dans un ordre, à titre civil donc sans glaives (par exemple passage de la 3e classe à la 2e classe au sein d'un même ordre) et qu'il possédait déjà la classe inférieure "avec glaives", afin de rappeler cette première et prestigieuse obtention, des épées croisées en sautoir pointes en haut sont positionnées sur la branche supérieure des croix de classes supérieures (1re et 2e classe de Saint-Stanislas et de Sainte-Anne ; 1re, 2e et 3e classe de Saint-Vladimir ), ainsi qu'au dessus du médaillon de la plaque de l'ordre. |
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De 1855 à 1870, dans un même ordre et à classe égale, les insignes "avec glaives" sont plus prestigieux que ceux obtenus à titre civil donc sans glaives. Après 1870, tous les ordres "avec glaives", étaient portés sans tenir compte des différentes classes des ordres, ainsi on portait dans un ordre donné la classe obtenue "avec glaives" ainsi que les autres classes obtenues dans ce même ordre à titre civil. Par son essence purement militaire, cette pratique ne s'applique pas à l'ordre exclusivement militaire de Saint-Georges. |
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On observe des années 1860 à 1880, une mode qui consiste à remplacer les émaux rouges des croix par un émail noir. A priori, rien n'explique ce phénomène. Toutes les hypothèses sont bonnes : mauvaise cuison des émaux rouge qui virent au noir ; "germanisation" des insignes dans cette période germanophile... De tels insignes sont le fait de commande de particulier, car le Châpitre des Ordres qui normalement donne les insignes à son récipiendaire n'a jamais commandé de tels insignes à ses fournisseurs officiels. Il n'en reste pas moins, les croix des ordres suivants sont concernées :
De telles croix changent véritablement d'aspect, voire deviennent difficiles à identifier. |
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Après la révolution de février 1917, le gouvernement provisoire conserva tous les ordres tsaristes, en supprimant cependant les attributs impériaux des aigles bicéphales :
Avec un système d'attribution électif de certaines décorations, on observe l'adjonction de palme sur le ruban des décorations ainsi attribuées (ordre de Saint-Georges). |
© Nicolas Botta-Kouznetzoff 1997 - 2006